Diplomacy – En l’an de grâce 1870

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10 octobre 2015

En l’an de grâce 1870…

Diplomatie (Diplomacy)

Asnières

diplomatieEn cette année 1870, les nations sont branlantes et les royaumes mis à rude épreuve. Les pays européens se déchirent entre indépendantisme, démocratie et retour aux monarchies. L’Empire Ottoman s’étiole malgré les réformes. L’Empire britannique émancipe ses colonies de parlements indépendants et est la première puissance économique du monde.

C’est dans ce contexte que le ministre-président Scorpion, à la tête du gouvernement de la Confédération germanique du nord, nous entraîne dans son piège, en mettant en place son jeu Diplomatie (version Descartes).

À ces côtés, je devrai gérer l’Empire Ottoman, la tsarine Doucedidine s’étalera depuis la Russie, l’empereur Elimag répondra aux attaques sur l’Autriche-Hongrie, le roi Franck (Frdef11) tentera de sortir de ses îles britanniques, et l’empereur Digits prônera depuis la France une nouvelle royauté. Tous observeront l’Italie en proie au désordre civil, entre une nouvelle monarchie qui se met en place, des alliés traditionnels qui l’abandonne et un clergé contestataire.

Tous les protagonistes commencent l’Histoire avec trois unités militaires, prédéfinies par les règles. La partie de divisant en sept années, chacune en deux saisons, les objectifs les plus intéressants restent ces régions comportant un point noir ou adverse, qui assure à son propriétaire de pouvoir déployer de nouvelles unités, ou qui l’obligera à en réduire le nombre.

jeux1510101Année 1870

Dès le printemps, les négociations et les entretiens se multiplient. Et de voir la Russie et l’Autriche-Hongrie s’entendre facilement inquiètes les services secrets turcs. D’autant plus que l’Italie devrait être une proie de choix pour l’empire austro-hongrois. La France et le Royaume Uni entament quelques discussions, pendant que l’Allemagne s’entretient avec tous pour prendre un peu le pouls. Seul la Turquie prend ses distances et son temps.

Les territoires de départ sont cernés de territoires inutiles où tous s’y déploient au Printemps, afin d’atteindre à l’Automne leur véritable objectif industriel. Les anglais traversent la Mer du Nord et envoient des troupes en Norvège. La marine et l’infanterie françaises partent au sud et conquièrent entièrement la péninsule ibérique. Les allemands tentent de refaire la Guerre des Duchés au Danemark, mais s’établissent aux Pays-Bas et en Belgique. L’Autriche-Hongrie se saisit de la Serbie et de la Grèce par le Monténégro. Puis les soldats ottomans investissent la Bulgarie.

Mais durant les négociations d’automne, le sultan DomCo parvient à s’entretenir avec la Tsarine Doucedidine. Il lui explique la stratégie de l’empereur Elimag et du danger de le laisser faire. Personnen edoit laisser l’Autriche-Hongrie mettre un mur entre les autres et l’Italie, se la réservant toute entière à lui seul. Alors la tsarine s’étale au sud en Roumanie et en Suède, au grand désarroi de l’empereur Elimag et du roi Frank.

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jeux1510102Année 1871

Au printemps, la menace austro-hongroise oblige les ottomans à se protéger. Ainsi leurs armées se replient sur leur terre, refusant de perdre une unité d’infanterie précieuse pour plus tard. Mais l’Autriche-Hongrie n’est pas intéressé par une Bulgarie libérée. Bien au contraire, échaudé par la trahison russe, l’empire des Balkans se saisit de la Roumanie. De plus, l’empereur Elimag commence à discuter avec le français Digits. Vont-ils se partager l’Italie ? En tout cas une infanterie française traverse les Alpes par le Piemont. Au nord, une ligne de blocus diplomatique se crée entre la France et l’Allemagne, pendant que la flotte anglaise affirme ses positions dans le Grand Nord.

À l’automne, l’empereur Scorpion s’entête à envoyer ses troupes au Danemark et perce enfin. Puis la marine française remonte en Manche et l’infanterie installée au Piemont retourne au pays natal. Ensuite les turques réinvestissent la Bulgarie avec force, et les anglais dominent toutes les mers froides.

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Année 1872

Les diplomates russes restent frileux sur le front sud, laissant l’Autriche-Hongrie et la Turquie dans une confusion totale quand des soldats turcs aident la marine autrichienne installée en Grèce plutôt que sa marine natale partie à l’assaut. Mais la tsarine Doucedidine commence de longues tractations avec les allemands. Ces derniers ne se dérangent pas pour les renvoyer à l’est et se saisissent d’une Vienne sans défense. Au nord, les anglais tentent de prendre Saint Petersbourg, sans succès, et expulsent les allemands du Danemark. Puis les autrichiens se lancent enfin en Italie par la côte d’Apulie. Mais la grosse manœuvre vient des français. Certains parleront d’une indiscrétion turque, toutefois le Royaume Uni vidé de toute armée s’offre à la marine française.

À l’hiver, les autrichiens doivent se réorganiser et coulent leur flotte installée en Grèce.

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jeux1510103Année 1873

Les français et les allemands deviennent les maîtres des négociations. L’empereur Digits convainc le roi Franck d’aller attaquer les allemands. Pour cela il abandonne la Norvège au profit des russes, perce aux Pays-Bas puis à Kiel, et s’installe en Belgique avec l’aide de la marine française. Le régent français s’entend aussi avec l’empereur autrichien pour se partager l’Italie. Le premier s’élance vers Rome et le second massacre les troupes italiennes de Venise. Des émissaires hongrois se fendent même d’une missive au sultan DomCo pour lui offrir Naples. Mais la marine turque préfère se saisir de la Grèce libre. Toutefois, l’Autriche-Hongrie reprend Vienne et massacre l’infanterie prussienne ayant osé fouler Trieste. Cette année mouvementée voit aussi les troupes allemandes et françaises briser un statut-quo à la frontière des Ardennes, au point de simplement s’échanger les positions entre la Bourgogne et la Rhénanie. Puis comme une rengaine obligatoire, l’empereur Scorpion reprend le Danemark et expulse en mer les anglais, qui perdent aussi leur capitale au profit des français.

À l’hiver, les troupes anglaises se réorganisent et abandonnent la mer de Barents, au grand soulagement des russes.

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Année 1874

Même si sur le papier la Royal Navy possède toujours les mers nordiques, leur armée se réduit et ne peut revenir sur ses terres natales. La Bundesmarine traverse ainsi la Mer du Nord et s’établit à Édimbourg, pendant que l’infanterie allemande reprend la Belgique et soutient les Russes pour déloger les anglais de Kiel. Tout cela se fera avec une perte importante aux Pays-Bas, infligée par une flotte anglaise revancharde. Puis les français reprennent la Bourgogne, investissent Rome et contrôlent la Mer du Nord. Au sud, la flotte ottomane traverse la Mer Ionienne et s’installe à Tunis, pendant qu’un soutien russe permet à quelques soldats turcs de repousser les hongrois hors de Roumanie.

L’hiver est de nouveau rude pour les anglais et quelques navires sont coulés au Skagerak.

 

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Année 1875

Mais le nord de l’Europe continue d’être le théâtre de chaises musicales et cette période sera la plus terrible pour le Royaume d’Angleterre. Leurs terres natales furent partagées entre la France, l’Allemagne et finalement les Russes en Yorkshire. Puis les derniers navires de la Royal Navy sont éliminés par l’Allemagne aux Pays-Bas, et les derniers soldats anglais sont massacrés à Berlin par les Russes. Il faut bien sûr prendre en compte l’entente germano-russe et la désaffection du roi Franck pour ses propres troupes. Toutefois, les allemands délaissent la Belgique pour le bonheur des français, et les Russes perdent Varsovie au profit des autrichiens et Odessa prise par les turcs, coulant les navires présents. Ces derniers investissent enfin Naples, suite à l’insistance de l’alliance franco-autrichienne, effaçant définitivement les Italiens de la carte, mais prennent aussi la Serbie au grand damne des hongrois. Toutefois, la présence de la marine française en Méditerranée sonne comme un avertissement à l’Empire Ottoman.

 

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Année 1876

Le Royaume Uni n’est plus, le roi Franck abdique et ses terres sont divisées entre envahisseurs, en grande partie sous domination française. Au printemps, les frustrations s’épanouissent et les alliances tombent à l’automne. Ainsi, l’entente germano-russe s’effrite. La tsarine Doucedidine investit sans peine le Danemark et écrase les troupes allemandes à Kiel. Pire, les troupes installées à Munich doivent fuir l’infanterie autrichienne en mars, bien que cela leur permette de prendre à nouveau Vienne en novembre. Munich sera finalement encerclé par les français, qui conquièrent aussi Venise. L’empereur austro-hongrois Elimag, dont la stratégie ne fut pas payante, perd d’un coup deux unités d’infanterie. Au sud, les turcs protègent Tunis, aidés en cela par une marine française trop lente, et investissent tardivement le Monténégro.

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Armistice du 1er janvier 1877:

Étant établi en ce jour, à Asnières sur seine, France, en la présence :

– de l’empereur Digits, régent de l’Empire de France, régent des Royaumes d’Espagne, de Norvège, du Portugal et de Venise, du Pontificat de Rome, des duchés de Bavière et de Rhénanie, des comtés de Londres et Liverpool (12 points);

– du sultan DomCo, empereur de l’Empire Ottoman, des royaumes de Serbie, de Roumanie, de Bulgarie, de Grèce et de Naples, et de la région de Tunis (10 points);

– de la tsarine Doucedidine, régente de la Russie, des Royaumes de Suède et du Danemark, des duchés de Prusse, de Kiel et de Berlin (6 points);

– du ministre-président Scorpion, régent des Pays-Bas, du duché de Vienne et du comté d’Édimbourg (3 points);

– de l’empereur Elimag, régent de l’Autriche-Hongrie et de la Pologne (3 points),

– et des représentants de l’Amirauté et des armées anglaises, anciennement sous le commandement du roi Franck (Frdef11) (0 point).

Est entendu que toutes les parties présentes n’useront pas de représailles ludiques, de transgressions « historiques » ou de recours en justice auprès de l’assemblée des Stratèges Ambitieux Ludiques Oppressés, Piétinés, Expulsés et Sans-terre.

Tous reconnaissent ainsi l’empereur Digits vainqueur de cette partie de Diplomatie.

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Mon bilan:

Pourquoi n’ai-je pas été écrasé et écarté du jeu ? Et bien parce que j’ai retenu de nombreuses leçons de ma dernière partie. J’ai étudié le jeu de Sly17 qui avait remporté une partie pas gagnée d’avance, et celui de Bob Wing qui n’avait pas réagi sous les attaques cumulées de l’Autriche-Hongrie, de la Russie et de l’Italie. Mais surtout j’ai vite vu clair dans le jeu d’Elimag l’austro-hongrois et retourner l’analyse de Doucedidine la russe.

J’ai ainsi pu maintenir un statut-quo, accepter de survivre quelques tours et enfin de mieux revenir sur mes adversaires.

Mais alors pourquoi n’ai-je pas gagné ? Parce que j’ai été trop tempéré avec Elimag et son empire austro-hongrois, que j’ai fait une erreur monumentale de programmation au troisième tour, et que je suis celui qui a conseillé au français Digits d’aller faire un tour au Royaume Uni, bien qu’il l’avait peut-être déjà vu tout seul.

Merci d’avoir lu cette petite « reconstitution » et rendez-vous à la prochaine partie.

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